Artemio Martin Mendez est un ingénieur spécialisé en génie climatique. En 2019, nous avons travaillé ensemble à Boulogne-Billancourt en région parisienne chez Terrell, une société d’ingénierie reconnue en France et à l’étranger pour son expertise technique dans les domaines des structures, des fluides et des façades. En 2022, Artemio a décidé de quitter Paris pour repartir à Tenerife, la plus grande île de l’archipel espagnol des Canaries. Il a fondé son bureau d’études techniques Primavera Design avec l’objectif de créer une ingénierie plus responsable et innovante. Artemio revient régulièrement en France notamment sur la Côte d’Azur où il développe actuellement de nombreux projets.
Par Diane Cardoso-Gomes

Bonjour Artemio, peux-tu présenter ton parcours à nos lecteurs ?
Artemio : Mon parcours a commencé en Espagne, où j’ai suivi une licence en architecture technique avec l’ambition de poursuivre mes études en France. J’y ai ensuite obtenu un Master en bâtiment intelligent en alternance. Après plus de dix ans passés dans différents bureaux d’études parisiens en tant qu’ingénieur spécialiste des fluides, j’ai ressenti l’envie de créer ma propre structure. C’est ainsi qu’est né PRIMAVERA Design, un bureau d’études dédié à l’ingénierie des fluides. Aujourd’hui, j’accompagne architectes, promoteurs et particuliers dans leurs projets, et je collabore régulièrement avec d’autres bureaux d’études sur des opérations de grande envergure. C’est un métier où la technique rencontre la créativité, et c’est précisément ce qui me passionne.
Quelles valeurs essentielles faut-il pour diriger une entreprise dans l’ingénierie du bâtiment ?
Artemio : Dans un premier temps la persévérance parce que notre métier demande une constance à toute épreuve. Ensuite, le sens du relationnel : rien ne se construit seul, et la qualité des échanges fait souvent la qualité du projet. Enfin, l’amour du travail bien fait, ce souci du détail qui change tout. La réactivité est également au cœur de notre philosophie. Quand je prends un projet, je ne cherche pas seulement à produire un rendu : je m’y investis comme s’il s’agissait de mon propre bâtiment.
Tu voyages régulièrement entre l’Espagne et la France, plus particulièrement à Nice. Que penses-tu de cette région pour le développement de ton business ?
Artemio : Je travaille principalement depuis l’Espagne, tout en effectuant des allers retours réguliers à Paris, où se concentre la majorité de nos projets. Mais cette année, j’ai eu la chance de collaborer sur plusieurs opérations sur la Côte d’Azur. C’est une région dynamique, inspirante, et avec laquelle j’aimerais clairement renforcer nos liens. Notre organisation repose sur un modèle hybride : beaucoup de travail à distance, et du présentiel uniquement aux moments clés, comme les visites de chantier. Cette flexibilité nous permet de travailler sans frontières, tout en restant proches de nos partenaires et de nos clients.
Si tu devais citer trois projets marquants dans ta carrière…
Artemio : Le premier qui me vient à l’esprit est une rénovation du Grand Palais. C’est un projet exceptionnel, autant sur le plan technique qu’humain, et une expérience qui marque une carrière. Je pense aussi naturellement à ce restaurant atypique haut de gamme sous une verrière spectaculaire sur les Champs Élysées, un chantier où l’esthétique et la technique se devaient dialoguer en permanence. Dans le même esprit, j’ai eu l’occasion de travailler sur de nombreux bureaux hauts de gamme en plein cœur de Paris, où le défi consistait à rendre la technique totalement invisible pour préserver l’expérience client, un exercice de précision que j’adore. Plus récemment, je pourrais citer une villa très luxueuse à Marseille, un château viticole à Bordeaux ou encore un hôtel boutique dans un très beau quartier parisien. Chaque projet apporte son lot de défis et d’émotions.
Quel message souhaites-tu transmettre aux jeunes qui liront cette interview ?
Artemio : Je leur souhaite tout d’abord de trouver une passion aussi forte que celle qui m’anime. Se lever le matin avec l’envie de résoudre des problèmes, d’imaginer, de transformer une idée en réalité… plus qu’un métier, c’est un moteur. Je veux leur dire aussi de ne jamais avoir peur d’essayer, de se tromper, de recommencer. De rester curieux, de se former en continu, de s’ouvrir à de nouvelles façons de faire. Le monde évolue vite, et c’est en évoluant avec lui qu’on trouve sa place.

